Un dessin. Un esquisse tracée au crayon de bois tellement précise que les traits qui formaient l'images semblaient invisibles. Un personnage représenté avec soin jusque dans ses plus petits détails, tel un grain de beauté sur le dessus de la lèvre, ou une fausset au creux de la joue.
Rien de véritablement marquant, mais un trait de caractère propre à une personne, qui la définit, qui la crée, qui fait partie d'elle au même titre que son nez ou ses cheveux... En un peu moins voyant.
La main d'une jolie rousse traçait avec frénésie ces traits sur une feuille de papier vierge quelques minutes plus tôt. Ses cheveux fauves tombaient en cascade devant son visage, ne laissant apparaître de son visage rond, que ses yeux verts qui luisaient faiblement, éclairés par le soleil qui montrait le bout de son nez dans cette fraîcheur matinale.
La sixième année ne faisait pas spécialement attention à sa tenue de sorcière, saupoudrée de poussière sur le bas de sa robe. Elle ne faisait en fait pas attention à grand chose, et elle se serait volontiers allongée par terre pour continuer son dessin si elle n'avait pas eu besoin de regarder le paysage qui s'offrait à elle à l'aube de cette nouvelle journée. Elle se sentait l'âme d'une artiste, et pour elle hors de question de laisser passer une telle splendeur. C'était ainsi, elle ne pouvait se soustraire à ce lever de soleil si anodin aux yeux des autres personnes.
La rouquine sortit néanmoins finalement sa baguette avant de faire un geste ample avec cette dernière, faisant disparaître tout grain de sable aussi microscopique soit-il de sa tenue noire. Elle s'était changée en se levant, presque une heure plus tôt, et elle n'aurait, au non jamais, proposé à une personne quelconque de venir avec elle pour une excursion aussi hasardeuse. D'ailleurs, elle n'aurait jamais demandé à quelqu'un de l'accompagner, même pour aller demander des pâtisseries aux elfes de maison avec l'accord du directeur et de tous les professeurs. C'était une question de principe, elle ne rendait pas service et on n'en faisait ne même avec elle. Depuis six ans. Pour le plus grand bonheur de la jeune fille qui s'accommodait fort bien de ce mode de vie pour le moins étonnant d'après certains de ses camarades.
Et elle se tenait ainsi, les pieds sur les murs, assise sur un tabouret, se balançant à un rythme réguliers en tenant une BD moldu pour supporter la feuille lorsqu'elle entendit ce qui ressemblait à des bruits de pas dans l'escalier. Non alarmée par cette présence non voulue, Ellane se continua de terminer son dessin où l'on pouvait deviner les traits d'une sorcière occupée à faire de la balançoire.